I called her Lisa-Marie (2013-2016)

Myths know no frontiers. The Elvis legend far outsteps the gilt and hangings of Graceland, in Memphis Tennessee. In fact, it is just as alive on the side of the Atlantic, in Porthcawl, a small town in South Wales that holds a festival in honour of the King in September each year. Between Tennessee and Wales the fans bear an uncanny resemblance to each other, all clones of a double-chinned idol with his slicked-back quiff, all children of the zone and the stack of money, all laying claim to the fat belly and the kitsch of the parvenu idol. With their petrol-blue shirts and billowing skirts, these doubles of Elvis and Priscillia act out the same sweet dream, one clinking with glory and posterity. Nothing in these images by Clémentine Schneidermann gives any hint which side of the Atlantic we are on and it is the miracle of these photographs located midway between fiction and document that highlights a planet Elvis, which inhabited by sadfaced people who show the marks of life and yet who invent radiant destinies for themselves, far beyond the misfortunes of fate and the shattered globe of the day-to-day.

Text by Natacha Wolinski (2014)
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Text in french

Les mythes n’ont pas de frontière. La légende d’Elvis dépasse de loin les ors et les tentures de Graceland, à Memphis. Elle est vivace aussi de ce côté de l’Atlantique, et tout particulièrement à Porthcawl, petite ville du Royaume-Unis qui organise chaque année, en septembre, un festival en hommage au « King ». Entre le Tennessee et le Pays de Galles, les fans se ressemblent étrangement, clones d’une idole à banane et double menton, enfants eux aussi de la zone et de la brique, prétendants à la bedaine et au kitsch de l’icône parvenue. Avec leurs chemises bleu pétrole et leurs jupes bouffantes, les doublures d’Elvis et de Priscilla reconduisent un même rêve suave et clinquant de gloire et de postérité. Rien ne spécifie dans les images de Clémentine Schneidermann de quel côté de l’Atlantique on se trouve et c’est le miracle de ces photos situées à mi-chemin de la fiction et du document que de mettre en lumière une planète non répertoriée du système solaire, la planète Elvis. Elle agrège des êtres aux visages triste et marqué par la vie qui s’inventent des destinées radieuses, par delà les infortunes du sort et l’orbe brisée du quotidien.